par Olivier Nicklaus

biographie Stéphane VerdinoLE STYLE VERDINO EST MINIMAL

Sac après sac, Stéphane Verdino tend de plus en plus vers l’épure. Depuis vingt ans qu’il travaille sur le cas du sac, Stéphane a fixé quelques parti-pris qui sont devenus sa signature : dessin pur, simple, ligne droite, refus radical du décoratif, du baroque, de l’enluminure, et même du logo. Less is more. Ses sacs sont quasiment tous monochromes, et le plus souvent noir, la couleur ultime en terme d’élégance. Ils ne sont pas encombrés de poches, de colifichets, de gadgets. Là où tout le monde en rajoute, Verdino s’applique à en enlever, à en retrancher, encore et toujours, jusqu'au point limite. Sa signature est le sobre rectangle à quatre rivets, par lequel passent les poignées, et qui permet, par un tour de passepasse technique, d’accrocher la secrète poche interne. On touche ici à l’architecture, la discipline à laquelle le travail de Stéphane Verdino s’apparente le plus. Dès lors, on n’est pas surpris d’apprendre qu’il voue un culte à des architectes comme Fernand Pouillon, Mies Van der Rohe ou Mallet Stevens. C’est que son minimalisme se retrouve dans ses dessins, mais aussi dans son dessein : son projet est global, et vise à mettre en accord ses créations avec ses goûts profonds.

LE STYLE VERDINO EST RADICAL

L’audace, la chance, et le pari de Stéphane Verdino, c’est de snober les codes du genre : pas de renforts, pas de doublures, pas de teintures sur les tranches, des fils noirs pour toutes les couleurs de sacs. Ces parti-pris radicaux donnent aux sacs Verdino un caractère intemporel. Véritables monolithes réchappés d’un 2001, odyssée de l’espace version cuir, on les imagine éternels, indémodables, statufiés pour l’éternité. Cette radicalité leur confère également un caractère unisexe. La sobriété des sacs Verdino séduit spontanément les garçons. Mais leur élégance intemporelle convainc aussi les filles qu’un Verdino est un basique dont on ne peut se lasser. C’est le propre des produits parfaits, absolus, définitifs : unisexes mais aussi universels. Autant d’épure, de minimalisme, pourrait faire craindre un style austère, froid, rébarbatif. Or, c’est tout le contraire : ces choix radicaux foncent à l’essentiel, touchent au cœur de l’émotion. Ils célèbrent le cuir qui est à l’origine de la vocation de Stéphane pour la maroquinerie. Un cuir coupé vif, sans couture ni ourlet, à la sauvage… Résultat : un toucher sensuel, voire – disons-le – carrément érotique. Et quelques éclats poétiques comme le cuir perforé, ici ou le cuir métallisé, là.

LE STYLE VERDINO EST FATAL

Pourquoi fatal ? Parce que s’approcher trop près des créations de Stéphane Verdino, c’est prendre le risque de s’accoutumer violemment. Réfléchissez bien, donc, avant de les voir, de les toucher, de les caresser, de les sentir. Une relation violente, passionnée, risque fort de vous lier à ces sacs. Et d’ailleurs, réfléchissez bien avant d’explorer plus loin ce site : vous risquez, délicieusement, voluptueusement, fatalement, de devenir Verdino-addict.